Le Bambou, une matière naturelle aux multiples vertus

  • Publié par Chrystelle Mercier

Ces derniers temps, nous constatons l’arrivée de produits fabriqués en bambou, une matière qui devient de plus en plus tendance de par ses vertus écologiques. Mais concrètement, qu’est-ce que le bambou ? Pourquoi le bois de bambou pour la fabrication d’objets ? Bois de bambou et fibre de bambou, quelles sont les différences ? Quels sont les avantages écologiques et économiques de l’utilisation du bois de bambou ? Et les pandas dans tout ça ? De nombreuses questions surgissent mais pas de panique, on vous dit tout !

 

Porte en bambou

 

Bois de bambou ou fibre de bambou ?

Tout d’abord, distinguons bien le bois de bambou des fibres de bambou (viscose de bambou, fibre plastique de bambou…).

Le terme “bois de bambou” est employé pour désigner les lamelles ligneuses directement découpées dans la tige du bambou préalablement séchée. Le bambou n’est pas un arbre, il ne produit donc pas de bois au sens propre du terme. Le bambou est une plante dont la tige est si résistante qu’on la compare à du bois.

Pour l’obtention des lamelles destinées à la confection des objets en bois de bambou, la plante ne subit pas de transformation par procédé chimique. L’impact écologique de la fabrication du bois de bambou est donc neutre. 

En revanche, pour obtenir les différentes fibres de bambou, les tiges sont broyées et transformées au moyen de produits chimiques ayant un impact négatif sur le plan écologique, même si celui-ci est bien moindre, et donc préférable, à celui généré par la fabrication des fibres plastiques. Par ailleurs, ces produits chimiques persistent au sein des fibres et ont un impact sur notre santé en cas d’utilisation pour le contact alimentaire, notamment avec des plats chauds. Nous vous conseillons à ce sujet l’article complet “Prudence avec la vaisselle en bambou” mis à disposition par 60 Millions de Consommateurs.

 

Le bois de bambou, champion écologique et économique

Forêt de bambou

 

Le bambou est une plante de la famille des graminées. Il se renouvelle naturellement, grâce à ses rhizomes, sans avoir besoin d’être replanté. 

Il ne supporte ni les engrais, ni les pesticides et n’en a nul besoin pour se développer. Il prolifère avec aisance sur des sols et sous des climats favorables, sans intervention humaine.

Le bambou capte 4 fois plus de carbone qu’un volume équivalent d’arbres et libère 30 % d’oxygène en plus. Il participe ainsi à la lutte contre l’effet de serre et à la régénération des sols. La culture contrôlée du bambou, dans les régions dont il est naturellement originaire, est donc écologique et régénérative.

En outre, le bambou est léger. Son faible poids permet de le transporter en grandes quantités en un seul voyage, limitant ainsi l’impact carbone du transport. Il n’est en effet pas envisageable de planter des bambouseraies massivement en Europe, le bambou étant une plante invasive qui détruirait la biodiversité locale.

De plus, au quotidien, l’entretien des objets en bois de bambou est écologique car il ne nécessite pas l’utilisation de détergents industriels. Un nettoyage à l’eau et au savon est suffisant et recommandé pour respecter les propriétés naturelles du bambou.

Sur le plan économique, le bambou est une plante à croissance très rapide et peut être exploitée dès sa quatrième année avec une récolte tous les deux ans pendant 120 ans. Par opposition, une forêt de chênes demandera quatre-vingts ans avant de pouvoir être exploitée.

Le rendement d’une bambouseraie est estimé de 20 à 25 fois supérieur à celui d’une forêt de feuillus de la même superficie.

C’est également un excellent investissement pour le consommateur car, en plus d’être esthétique, le bambou est un matériau durable extrêmement résistant et imputrescible.

 

Et les pandas dans tout ça ?

Panda se nourrissant de bambou

Le panda géant, bien qu’appartenant à l’ordre des carnivores, a un régime alimentaire composé à 99% de végétaux, quasi exclusivement du bambou.

On recense pas moins de 1300 espèces de bambous. Les scientifiques estiment que les pandas géants peuvent consommer 35 de ces espèces pour assurer leur alimentation.

Les pandas vivent et se nourrissent dans les forêts naturelles composées majoritairement de bambous mais également d’autres végétaux.

Les pandas ne se nourrissent pas du bambou exploité pour la confection de meubles et objets. En effet, ces derniers sont issus de bambouseraies d’espèces différentes de celles consommées par les pandas et situées en zone agricole.

Les populations de pandas géants sont actuellement regroupées dans des zones montagneuses. Nous pourrions dire, hélas, que ces populations se sont réfugiées dans ces zones montagneuses. En effet, pour sa survie, le panda migrait en fonction de la disponibilité en bambou. Le cycle de vie particulier du bambou ainsi que les variations climatiques font disparaître le bambou d’une région et de nouvelles forêts de bambou naissent dans une autre région. Cette migration permettait aux pandas de toujours trouver de quoi s’alimenter et favorisait également le brassage génétique entre les pandas issus de différentes forêts.

Avec le développement des activités humaines, notamment agricoles, et l’urbanisation des vallées, les pandas n’ont plus eu la possibilité de se déplacer d’une montagne à l’autre, mettant en péril la survie de l’espèce.

De nombreuses ONG chinoises et internationales, comme le WWF par exemple, s’efforcent au quotidien de sensibiliser les populations et instances gouvernementales afin de faire coexister nécessité économique et préservation des espèces. Elles assurent également le déplacement des pandas géants afin de leur permettre de toujours trouver de quoi s’alimenter et favoriser le brassage génétique en faisant se rencontrer des pandas issus de forêts différentes. Ce brassage génétique est un défi pour l’espèce car l’absence de possibilité de migration en raison des activités humaines a favorisé la consanguinité, affaiblissant l’immunité des pandas et donc leur résistance aux maladies.

 

Le bambou a un bel avenir devant lui

Oui, le bambou a un bel avenir devant lui mais certaines conditions seront à respecter pour qu’il conserve et développe ses avantages écologiques :

  • la nécessité qu’il soit issu uniquement de bambouseraies en agriculture contrôlée : préservation de la biodiversité locale, y compris dans les régions dont il est originaire, préservation des espaces de migration des pandas en Asie. A cet effet, une labellisation FSC commence à se mettre en place pour le bambou
  • le développement de bambouseraies contrôlées dans des régions plus proches de l’Europe et dont le bambou est également originaire naturellement : dans les pays d’Afrique notamment.
  • l’importation des matières premières ou des produits finis en grande quantité avec un stockage en Europe et non l’envoi produit par produit de l’Asie vers l’Europe

La bonne nouvelle dans tout ceci c’est que nous, professionnels et consommateurs, avons toutes les clefs en main pour faire évoluer et perdurer une consommation du bambou éthique et responsable.

Sources : WWF, panda.fr, 60 millions de consommateurs, Wikipedia, Afrique Renouveau

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